Actualités Mission de la Plateforme Agri-PDB au Mozambique: Renforcer le financement rural au service de systèmes alimentaires plus verts et plus inclusifs
Agroécologie

Mission de la Plateforme Agri-PDB au Mozambique: Renforcer le financement rural au service de systèmes alimentaires plus verts et plus inclusifs

La plateforme Agri-PDB a mené une mission au Mozambique dans le cadre du programme « Investir dans la résilience des moyens de subsistance et la santé des sols dans les pays ACP » (ILSA), financé par l’UE. Cette mission visait à : (i) cartographier les principaux acteurs, produits et mécanismes de soutien de l’écosystème de financement agricole et rural au Mozambique ; (ii) identifier des opportunités de coordination avec les partenaires institutionnels et les initiatives en cours ; et (iii) évaluer les besoins des institutions financières et explorer un soutien potentiel de la plateforme sous forme d’assistance technique, de formation et d’apprentissage entre pairs.

Mission de la Plateforme Agri-PDB au Mozambique

Renforcer le financement rural au service de systèmes alimentaires plus verts et plus inclusifs

06-09 juillet 2026 | Maputo, Mozambique

 

Contexte national du Mozambique

Rôle central de l’agriculture et vulnérabilité climatique : Au Mozambique, environ 65 % de la population vit dans les zones rurales, tandis que l’agriculture génère près de 80 % du revenu moyen des ménages et emploie près de 81 % de la main-d’œuvre nationale. Pourtant, le secteur reste très vulnérable aux phénomènes météorologiques extrêmes, à la faible productivité et à l’accès limité aux marchés et au financement.

Défis du financement rural : L’accès au financement demeure une contrainte majeure. Les prestataires de services financiers sont traditionnellement réticents à intervenir dans les zones rurales en raison des coûts de transaction élevés, de la dispersion des populations, du manque d’infrastructures et du niveau élevé des risques perçus, qui rendent les marchés urbains plus attractifs.

Combler le déficit de financement du développement : En outre, le Mozambique est l’un des rares pays au monde à ne pas disposer d’une banque publique de développement. En l’absence d’une telle institution, le Umbrella Fund Manager (UFM), un mécanisme national de financement de gros qui achemine les ressources du gouvernement et des partenaires de développement vers les bénéficiaires ruraux par l’intermédiaire d’institutions financières, joue un rôle central dans la promotion du financement rural. L’UFM offre un cadre prometteur pour élargir l’accès au financement et soutenir la transformation agricole.

 

Défis et priorités communs à l’ensemble de l’écosystème financier

Les parties prenantes consultées pendant la mission ont régulièrement souligné plusieurs obstacles structurels à l’inclusion financière rurale :

  • Des infrastructures inadéquates ;
  • Une faible densité de population ;
  • Une numérisation limitée ;
  • Un manque de services et de produits financiers adaptés aux clients ruraux ;
  • Des capacités insuffisantes au sein des institutions financières pour servir les producteurs agricoles, les PME rurales et les organisations financières communautaires ;

Les discussions ont également révélé une remarquable convergence des priorités. Les parties prenantes ont exprimé d’importants besoins en matière de renforcement des capacités dans des domaines tels que :

  • Le financement de l’agroécologie et de l’agriculture durable ;
  • Le financement climatique et vert ;
  • La gestion des risques et la résilience climatique ;
  • La transformation numérique des services financiers ;
  • Le financement des petits exploitants agricoles, des PME rurales et des organisations de producteurs ;
  • Le renforcement des capacités et l’échange de connaissances avec des institutions homologues.

De nombreuses institutions ont également souligné les effets croissants des chocs liés au climat, en particulier des sécheresses et des inondations, sur les portefeuilles agricoles et les moyens de subsistance ruraux. Par conséquent, la demande augmente pour des outils pratiques, des taxonomies, des mécanismes de financement et des réserves de projets d’investissement susceptibles de soutenir une agriculture résiliente face au changement climatique et écologiquement durable.

Construire des partenariats porteurs d’impact

Au cours de la mission, le secrétariat de la Plateforme a échangé avec un large éventail de parties prenantes, notamment des fonds publics, des institutions de financement du développement, des banques commerciales, des institutions de microfinance, des partenaires de développement et des organisations internationales. Les échanges avec la délégation de l’Union européenne, l’AFD, le Foreign, Commonwealth & Development Office, l’UNICEF et le FIDA ont mis en évidence les complémentarités entre les initiatives en cours et le mandat de la Plateforme, créant ainsi des possibilités de renforcer la coordination et l’action collective.

La mission a confirmé le vif intérêt suscité par les services proposés par la Plateforme Agri-PDB, notamment l’appui technique, les programmes de formation, l’apprentissage entre pairs et les initiatives d’échange de connaissances. Plusieurs institutions ont manifesté leur intérêt pour les prochaines activités de la Plateforme consacrées à l’agroécologie et au financement climatique. Les discussions ont également permis de dégager des possibilités de collaboration autour des taxonomies de la finance verte, de la numérisation, de la gestion des risques climatiques et des solutions innovantes de financement rural.

Perspectives

La forte convergence des priorités entre les parties prenantes crée des possibilités de mettre en œuvre des activités coordonnées de renforcement des capacités, de partage des connaissances et d’assistance technique susceptibles de produire un impact plus large sur le développement, grâce à l’adoption d’une approche à l’échelle de l’écosystème permettant de relever les défis communs à l’ensemble du secteur du financement rural.

S’appuyant sur les conclusions de la mission, la Plateforme Agri-PDB travaillera en étroite collaboration avec le FIDA, les partenaires nationaux et les acteurs du développement afin de concrétiser une réserve d’activités collaboratives axées sur l’agroécologie, le financement climatique et le renforcement institutionnel. Ces efforts contribueront à faire progresser les objectifs du Programme ILSA tout en accompagnant la transition du Mozambique vers des systèmes agroalimentaires plus résilients, inclusifs et durables.

La Plateforme Agri-PDB remercie l’ensemble des institutions et des partenaires qui ont contribué à la mission et se réjouit de poursuivre cette collaboration afin de renforcer le financement rural et de soutenir le développement agricole durable au Mozambique.
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