Selon la définition de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agroécologie vise à optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les êtres humains et l’environnement afin de favoriser la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables et socialement équitables. Elle s’oppose aux modèles de monoculture intensive et cherche à répondre aux défis auxquels l’agriculture est aujourd’hui confrontée. La Révolution verte des années 1960 est souvent citée comme l’un des éléments ayant conduit à l’émergence de l’agroécologie, laquelle privilégie des pratiques agricoles durables et résilientes face au changement climatique et aux enjeux de sécurité alimentaire.

L’histoire des banques publiques de développement agricole est étroitement liée à la Révolution verte et au développement de la monoculture intensive. Ce modèle de production exigeait des investissements considérables de la part des agriculteurs, qui devaient acquérir des semences améliorées, des engrais, des produits phytosanitaires et des machines agricoles dans le cadre d’un ensemble technologique intégré.

Les modèles agricoles intensifs reposant sur la monoculture et l’utilisation d’intrants chimiques présentent un niveau de risque élevé pour les banques publiques agricoles. Ces pratiques peuvent accroître la vulnérabilité des agriculteurs, en particulier celle des petits exploitants.

Pourquoi l’agroécologie est importante pour les BPD

Les banques publiques de développement (BPD) jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des transitions agroécologiques en mobilisant des financements, des connaissances et des partenariats.

  • Proposer des produits financiers adaptés : élaborer des prêts et des instruments de financement correspondant aux investissements de plus long terme nécessaires aux transitions agroécologiques.
  • Soutenir l’investissement dans l’agriculture durable : faciliter l’accès des agriculteurs au financement afin qu’ils puissent adopter des pratiques agroécologiques et renforcer la résilience de leurs exploitations.
  • Fournir une assistance technique : proposer des services de conseil et une expertise permettant aux agriculteurs de mettre en œuvre des approches agroécologiques.
  • Renforcer les capacités et les connaissances : soutenir la formation, les services de vulgarisation et le partage de connaissances sur les pratiques agricoles durables.
  • Développer les partenariats et créer un environnement favorable : collaborer avec les organismes de recherche, les organisations de producteurs et les partenaires du développement pour accompagner les transitions agroécologiques.

La Plateforme en action

  • 14-15 décembre 2023
    1er groupe de travail sur l’agroécologie : quel est le niveau d’engagement des banques publiques de développement agricole en faveur de l’agroécologie ?
  • 5-6 juin 2024
    2e groupe de travail sur l’agroécologie : intégrer l’agroécologie dans les activités des banques publiques de développement agricole.
  • Juin et juillet 2024
    Missions auprès de la BNDA Mali et de la MAIIC Malawi pour faire progresser les pratiques agroécologiques.
  • 6 février 2025
    3e groupe de travail sur l’agroécologie : faciliter la transition agroécologique — rôle des instruments financiers et des banques publiques de développement.
  • 17 octobre 2025
    Réunion des bailleurs sur l’agroécologie : explorer le potentiel des banques publiques de développement dans les transitions agroécologiques.
  • 3-7 novembre 2025
    Échange entre pairs : tirer les enseignements des pratiques de NABARD en matière d’agroécologie et de développement rural en Inde — NABARD et MAIIC.
  • 27 novembre 2025
    Webinaire « Rapprocher les voix : perspectives des agriculteurs et voies de financement de l’agroécologie par les banques publiques de développement ».
  • 5 février 2026
    Webinaire « Rencontres mensuelles sur l’agroécologie : rôle des banques publiques de développement dans le soutien à la transition agroécologique ».
  • 20-23 avril 2026
    Formation : financement climatique et agroécologie – Portefeuilles à impact positif (Maroc)

Renforcement des capacités et outils

Business Agroecology Criteria Tool (B-ACT), développé par Biovision

  • Outil permettant d’évaluer les entreprises des chaînes de valeur agricoles, leur degré d’alignement sur les 13 principes de l’agroécologie et leur impact potentiel sur les systèmes alimentaires locaux.
  • Plutôt qu’une évaluation binaire fondée sur la réussite ou l’échec, B-ACT utilise des scores en pourcentage pour mettre en évidence les points forts et les domaines à améliorer.
  • L’outil est souple et peut être adapté aux besoins des utilisateurs.

Outil d’évaluation des performances de l’agroécologie (TAPE), développé par la FAO

  • Outil complet conçu pour mesurer les performances multidimensionnelles des systèmes agroécologiques selon les différentes dimensions de la durabilité.
  • Il applique une démarche progressive au niveau du ménage ou de l’exploitation, tout en produisant également des résultats à l’échelle de la communauté et du territoire.
  • L’outil a été conçu pour rester simple et ne nécessite qu’un volume limité de formation et de données.

Échange entre pairs sur les pratiques agroécologiques

NABARD Inde et MAIIC Malawi

Formation au Maroc

La Plateforme Agri-PDB a organisé une formation en présentiel au Maroc du 20 au 23 avril 2026. Financée par l’Union européenne et coorganisée par le Fonds international de développement agricole (FIDA) et l’Agence française de développement (AFD), avec l’appui du Réseau des initiatives agroécologiques au Maroc (RIAM), la formation a réuni les institutions financières participantes suivantes : Banque nationale de développement agricole (BNDA) du Mali, Banque nationale pour le développement économique (BNDE) du Burundi, Crédit Agricole du Maroc (CAM), Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC Bénin), La Banque Agricole (LBA) du Sénégal et Mécanisme incitatif de financement agricole S.A. (MIFA S.A.) du Togo.

Ce programme de quatre jours a combiné des séances en salle sur l’agroécologie et le financement climatique avec des visites de terrain dans des exploitations locales, des PME et des salons agricoles. Il a ainsi offert aux participants une occasion unique de rapprocher la théorie et la pratique grâce à des échanges directs avec des agriculteurs, des praticiens et des institutions rurales.

Prochaines étapes

 

En avril 2026, la Plateforme Agri-PDB poursuivra son programme avec une formation en présentiel en Tanzanie et des cours en ligne ouverts à tous (MOOC). Restez informés des prochaines actualités et possibilités d’apprentissage.

Documentation