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2e Groupe de travail sur les tendances et les défis émergents liés aux indicateurs clés de performance d’impact

Le groupe de travail sur les indicateurs d’impact a tenu sa deuxième série de sessions, consacrée aux tendances actuelles et aux défis émergents liés à l’élaboration des indicateurs clés de performance. Grâce aux expériences de la Banque Nationale de Développement Agricole du Mali (BNDA) et des Fonds fiduciaires du Mexique pour le développement rural (FIRA), les participants ont approfondi leur compréhension de la manière dont les indicateurs d’impact — économiques, sociaux et environnementaux — sont collectés, centralisés et utilisés par ces deux BPD dans le cadre de la gouvernance et de la prise de décision, grâce à un système structuré de contrôle et de suivi.

2e Groupe de travail sur les tendances et les défis émergents liés aux indicateurs clés de performance d’impact

31 mars-29 avril 2026 | En ligne

 

Introduction

Le groupe de travail sur les indicateurs clés de performance s’est poursuivi avec deux sessions supplémentaires, en français et en anglais, consacrées aux tendances actuelles et aux nouveaux défis. Organisées par la Plateforme Agri-PDB, en collaboration avec la banque allemande de développement KfW, Findev Advisory et DJOSSOUR Formation & Conseil, les sessions ont souligné que les KPI d’impact ne servent plus uniquement à l’établissement de rapports : ils deviennent de plus en plus des outils de gestion stratégique au service de la prise de décision, de l’anticipation des risques climatiques et de l’accès au financement durable. Elles ont combiné des présentations d’experts, des témoignages de banques, un sondage en direct et une séance interactive de questions-réponses.

Poser le cadre de la mesure de l’impact dans le financement agricole

Nejib Ajili, expert en suivi-évaluation et en agriculture durable et directeur général de DJOSSOUR Formation & Conseil, et Nabil Kesraoui, expert en finance durable et directeur général de Findev Advisory, ont posé le cadre en présentant : (i) les tendances émergentes de l’impact dans ses dimensions économique, sociale et environnementale ; (ii) les liens entre les KPI d’impact et les grandes transitions qui influencent le financement agricole, notamment l’inclusion financière, l’agroécologie, la biodiversité, l’adaptation au changement climatique et l’agriculture intelligente face au climat ; et (iii) les moyens d’associer les KPI à l’innovation financière, en particulier aux instruments de financement vert, social, bleu, durable et axé sur la résilience.

Leurs principaux messages étaient les suivants :

 

Thème Message clé
Rôle stratégique des KPI Les KPI d’impact devraient passer du statut d’outils de conformité dictés par les donateurs à celui d’outils opérationnels utilisés au sein des comités, dans les tableaux de bord et pour la gestion des portefeuilles.
Facteurs structurels Quatre grandes forces accélèrent l’utilisation des KPI d’impact : les pressions budgétaires, les risques climatiques et environnementaux, l’accès au financement et la cohérence interne entre les départements des banques.
Dimension économique Les banques devraient mesurer les bénéficiaires atteints, le nombre d’emplois créés ou maintenus, l’évolution des revenus agricoles et la capacité du financement à transformer la productivité et les chaînes de valeur.
Dimension sociale Des données ventilées sont essentielles pour évaluer la situation des femmes, des jeunes, des populations rurales et mal desservies, des nouveaux emprunteurs, ainsi que l’accès aux services et les résultats en matière de sécurité alimentaire.
Dimension environnementale Les KPI environnementaux, tels que les émissions évitées, les hectares faisant l’objet de pratiques durables, l’efficacité de l’utilisation de l’eau, les énergies renouvelables et les indicateurs indirects de biodiversité, peuvent servir à la fois d’indicateurs d’impact et de signaux d’alerte précoce des risques.
Tendances émergentes Trois tendances en matière d’impact ont été mises en avant : l’agroécologie et la biodiversité, l’agriculture intelligente face au climat axée sur l’eau, et l’atténuation des émissions de carbone grâce aux investissements dans les énergies renouvelables et les solutions à faible émission de carbone.
Financement climatique Des KPI crédibles, mesurables et vérifiables par des tiers sont de plus en plus nécessaires pour accéder au financement vert, au financement mixte, aux fonds climatiques et aux obligations thématiques.
Approche pratique Les banques ont été encouragées à commencer par un nombre limité de KPI, à consigner les méthodologies dans un dictionnaire des KPI et à renforcer progressivement leurs systèmes de données et leur numérisation.

 

Expérience de la Banque Nationale de Développement Agricole du Mali (BNDA) et des Fonds fiduciaires du Mexique pour le développement rural (FIRA)

Représentant la BNDA, Assana Coulibaly, responsable du Département de la responsabilité sociale des entreprises, a démontré que, même lorsqu’une banque n’en est encore qu’aux premières étapes de la mesure formelle de l’impact, elle peut déjà instaurer une culture de suivi utile grâce à des indicateurs simples et exploitables. Il a expliqué que la BNDA avait adopté des stratégies relatives au climat et à la RSE et commencé à intégrer des indicateurs de performance dans ses processus de gouvernance interne, notamment au sein du comité de pilotage de la stratégie climatique, dans les rapports d’audit et dans les discussions du conseil d’administration. La banque suit actuellement des indicateurs économiques, environnementaux et sociaux tels que les rendements agricoles, les financements destinés à l’agro-industrie, les volumes de financement liés au climat, les hectares faisant l’objet de pratiques intelligentes face au climat, les investissements dans les énergies renouvelables et les financements accordés aux femmes et aux jeunes.

Le témoignage a également illustré la dimension opérationnelle de l’intégration des KPI : formulaires de collecte de données au stade de l’évaluation des prêts, codification dans le système bancaire, contrôles avant et après le décaissement et vérification de la mise en œuvre effective des solutions financées par les clients bénéficiaires.

L’un des principaux messages de ce témoignage était que les banques n’ont pas besoin de commencer par des systèmes de mesure de l’impact très sophistiqués. Elles peuvent partir d’indicateurs simples, alignés sur leur stratégie, puis évoluer progressivement vers des KPI d’impact plus robustes.

Pour ce qui concerne FIRA, Erick Rodriguez Maldonado, directeur adjoint de l’environnement, a expliqué que FIRA intégrait la durabilité dans ses activités de financement en créant des produits et des programmes encourageant des pratiques agricoles plus durables. Dans ce contexte, le Fonds a élaboré des taxonomies relatives à la durabilité, à l’adaptation et à la finance bleue afin de classer les investissements durables. En s’appuyant sur ces cadres, FIRA a émis plusieurs types d’obligations thématiques, notamment des obligations vertes, bleues, de genre et d’inclusion financière, ce qui a permis d’allouer des ressources financières à des projets présentant davantage de bénéfices sociaux, environnementaux et économiques. Lors de l’émission d’obligations vertes, puis d’obligations sociales, le Fonds a constaté une demande excédentaire de la part des investisseurs, démontrant que les KPI constituent un facteur essentiel pour permettre aux BPD d’accéder aux capitaux.

FIRA a ensuite présenté six indicateurs d’impact appliqués à l’ensemble du portefeuille des Fonds afin de démontrer l’impact de ses financements. Ces indicateurs figurent sur la diapositive suivante :

Cet « ensemble standard » d’indicateurs d’impact permet de mettre en évidence les effets concrets des activités. Constatant la pertinence et la précision d’outils tels que l’imagerie satellitaire, FIRA a commencé à utiliser cette technologie pour obtenir les coordonnées géographiques de chaque parcelle financée et les croiser avec une couche cartographique permettant de déterminer si le crédit se situe ou non à l’intérieur de la frontière agricole. Il s’agit d’un indicateur direct permettant d’établir si l’activité contribue à la dégradation des écosystèmes. Cette démarche s’inscrit dans l’objectif de FIRA d’enrichir les six indicateurs présentés afin d’atteindre un niveau de suivi plus sophistiqué.

Principales questions soulevées lors de la séance de questions-réponses

Avec la BNDA Mali

  • Comment les produits du bois et de la foresterie peuvent-ils être reliés aux cadres d’impact ? La réponse a précisé que ces produits se rapportent principalement aux KPI environnementaux, tout en présentant également des dimensions économiques et sociales liées à l’emploi et aux avantages pour les communautés rurales.
  • Comment les banques peuvent-elles distinguer les rapports traditionnels des évaluations axées sur les critères ESG/RSE dans leurs processus de crédit ? Les intervenants ont indiqué que la notation de la durabilité ainsi que des critères qualitatifs et quantitatifs peuvent être de plus en plus intégrés aux décisions de prêt.
  • Quels outils d’évaluation du carbone et quels facteurs d’émission les institutions devraient-elles utiliser ? Il a été recommandé d’adopter des outils proportionnés au degré de maturité institutionnelle et de s’appuyer sur des références méthodologiques reconnues, telles que le GHG Protocol, le PCAF, le GIEC, le MDP et, lorsqu’ils existent, des facteurs locaux pertinents.
  • Les KPI environnementaux devraient-ils être alignés sur les stratégies nationales, l’Accord de Paris et les cadres de financement durable ? La réponse a été affirmative : les banques publiques de développement devraient s’aligner à la fois sur les priorités nationales et sur les cadres de référence internationaux.
  • Quels mécanismes de financement sont les plus sensibles à la robustesse des KPI d’impact ? Les échanges ont mis en avant les obligations vertes, sociales et durables, les mécanismes de financement mixte, les fonds climatiques, les lignes concessionnelles des institutions de financement du développement et les investisseurs à impact.

Avec FIRA Mexique

  • Comment FIRA attribue-t-elle les résultats des KPI au financement par obligations durables ? La réponse a précisé que la taxonomie de durabilité de la banque porte principalement sur les nouveaux investissements et les nouvelles technologies à long terme, et non sur le fonds de roulement courant. Cela permet d’isoler l’impact attribuable au financement. La plupart des investissements concernent de nouvelles technologies bénéfiques pour l’environnement, par exemple les systèmes solaires photovoltaïques.
  • Un représentant de l’OIT a demandé pourquoi les emplois de qualité restaient peu nombreux. Cette lacune a été reconnue et il a été précisé que les systèmes actuels privilégient les indicateurs qu’il est plus facile de mesurer de manière cohérente d’une institution à l’autre, tels que : (i) le nombre d’emplois soutenus et (ii) les indicateurs d’inclusion. En revanche, des indicateurs plus nuancés, comme la stabilité de l’emploi, les salaires, les conditions de travail et la protection sociale, sont plus difficiles à collecter et à normaliser.
  • Les KPI sont-ils de véritables mesures de l’impact ou principalement des outils d’accès au marché ? FIRA a souligné que les déclarations relatives aux KPI font l’objet d’une vérification externe approfondie : avant l’émission, au moyen d’un avis indépendant évaluant l’alignement sur les normes internationales ; puis après l’émission, au moyen d’une vérification indépendante des rapports annuels d’impact et d’allocation. Il a été observé que les investisseurs deviennent de plus en plus actifs et engagés et qu’ils recherchent un dialogue continu sur les futurs plans climatiques et de durabilité, au lieu de s’appuyer uniquement sur des rapports formels.
  • Les KPI actuels rendent-ils compte des défis émergents dans les chaînes de valeur sensibles à la nutrition ? Les KPI actuels ne reflètent que partiellement les résultats nutritionnels, car ils restent largement axés sur la production et les indicateurs financiers. Parmi les principales lacunes figurent le nombre limité d’indicateurs portant sur la diversité alimentaire, la qualité de la consommation alimentaire, les pertes alimentaires, la valeur nutritionnelle et les effets sur les groupes vulnérables, notamment les femmes et les petits exploitants.

Pour accéder aux diapositives et aux enregistrements, veuillez cliquer ici pour la version anglaise et ici pour la version française.

 

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