Actualités Échange entre pairs FINAGRO–FIRA : enseignements sur les matrices de risques agricoles et les politiques d’assurance
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Échange entre pairs FINAGRO–FIRA : enseignements sur les matrices de risques agricoles et les politiques d’assurance

Échange entre pairs FINAGRO–FIRA : enseignements sur les matrices de risques agricoles et les politiques d’assurance

15 mai 2026 | En ligne

Introduction

La Plateforme Agri-PDB a facilité un échange entre pairs entre FINAGRO et FIRA afin de soutenir l’apprentissage technique sur la gestion des risques agricoles, avec un accent particulier sur la Matrice des risques agricoles minimaux de FIRA et son lien avec la politique d’assurance agricole. La session a réuni des équipes techniques travaillant sur les risques agricoles, les risques climatiques, l’assurance, la durabilité, la coopération internationale et les instruments financiers.

Pour FINAGRO, cet échange était particulièrement pertinent alors que l’institution avance dans le développement de sa propre matrice de risques agricoles. Cet outil devrait servir non seulement de référence pour les décisions de crédit, mais aussi de guide pour les incitations et d’autres instruments financiers, y compris l’assurance agricole.

Pourquoi cet échange était important

Le financement agricole est fortement exposé aux risques climatiques, de production, de marché et territoriaux. Pour les banques publiques de développement, la gestion de ces risques exige plus que des produits financiers individuels. Elle nécessite des outils institutionnels capables d’identifier les risques, de guider la prise de décision et de relier le crédit à des mécanismes appropriés d’atténuation des risques.

L’expérience de FIRA a offert des enseignements pratiques sur la manière dont une matrice de risques peut soutenir ce processus. Sa Matrice des risques agricoles minimaux contribue à définir les risques qui devraient être couverts lorsque les producteurs accèdent à des opérations de crédit soutenues par le service de garantie de FIRA. Ces risques sont identifiés au moyen d’une analyse technique, en tenant compte de leur probabilité d’occurrence, de leur pertinence par territoire et par culture, ainsi que de leur niveau potentiel d’impact.

La matrice fonctionne donc comme un point de référence commun pour plusieurs acteurs :

  • Les intermédiaires financiers
  • Les assureurs et les fonds d’assurance
  • Les institutions publiques
  • Les producteurs
  • Les équipes techniques impliquées dans le crédit et la gestion des risques

La Matrice des risques agricoles minimaux de FIRA

La matrice de FIRA fait partie d’une politique d’assurance plus large liée à ses opérations de crédit et de garantie. L’objectif n’est pas de limiter les producteurs à un ensemble fixe de couvertures d’assurance, mais d’établir un socle minimal de risques devant être couverts dans les opérations de crédit concernées.

Cette approche contribue à garantir que l’assurance soit utilisée comme un véritable outil d’atténuation des risques, plutôt que comme une exigence formelle déconnectée des risques réels auxquels les producteurs sont confrontés. Dans le même temps, les producteurs restent libres de souscrire des couvertures supplémentaires selon leurs besoins spécifiques.

La matrice de FIRA a évolué progressivement :

  • 2011 : La première version a été élaborée en coordination avec Agroasemex. Elle identifiait les risques minimaux par État et par cycle agricole.
  • 2020 : La matrice est devenue plus détaillée, intégrant les chaînes de valeur agricoles, les cultures et des ensembles spécifiques de risques.
  • 2024 : La version actuelle a élargi la matrice agricole et intégré, pour la première fois, les produits d’élevage et de pêche.

Cette évolution montre l’importance de considérer les matrices de risques comme des outils dynamiques. Les conditions de production agricole changent, de nouvelles menaces émergent et les marchés de l’assurance évoluent. Une matrice utile doit donc être régulièrement mise à jour.

Un groupe de travail multidisciplinaire

L’un des principaux enseignements de l’expérience de FIRA est la valeur d’un groupe de travail multidisciplinaire. Depuis 2018, FIRA coordonne un groupe réunissant des entités publiques, des associations du secteur de l’assurance, des fonds d’assurance, des banques et des intermédiaires financiers non bancaires.

Le groupe remplit quatre fonctions principales :

  • Améliorer et mettre à jour la Matrice des risques agricoles minimaux
  • Développer des mécanismes pour centraliser et diffuser les informations statistiques pertinentes
  • Promouvoir de meilleures pratiques dans les opérations d’assurance agricole
  • Accroître la transparence et l’accès à l’information pour les producteurs et les acteurs du secteur

Diverses institutions ont participé à ce processus, notamment FIRA, des acteurs du secteur public, des organisations d’assurance et des représentants du secteur financier. Cette large participation contribue à garantir que la matrice reflète différentes perspectives, y compris celles des assureurs, des utilisateurs, des intermédiaires et des acteurs des politiques publiques.

Comment la matrice est mise à jour

Le processus de mise à jour est conçu comme un exercice participatif et technique. Il commence par des consultations internes dans les bureaux régionaux de FIRA. Ces bureaux contribuent à identifier les changements dans les profils de risque, les menaces émergentes, les nouvelles chaînes productives ou les besoins de couverture qui ne sont pas encore reflétés dans la matrice.

FIRA prépare ensuite une proposition technique, qui est soumise au groupe de travail pour examen, validation ou correction. Le processus culmine dans une réunion d’examen détaillée au cours de laquelle les changements proposés sont évalués au regard de critères techniques, des besoins du secteur et de la disponibilité de produits d’assurance sur le marché.

Le schéma résume ce flux de travail : consultations régionales, préparation technique par FIRA, examen par le groupe de travail, intégration des changements approuvés et diffusion publique de la matrice mise à jour.

Une fois mise à jour, la matrice est disponible sur un microsite public. Cela favorise la transparence et permet aux producteurs, assureurs, intermédiaires financiers et autres parties prenantes d’accéder aux informations pertinentes.

Politique d’assurance et opérations de crédit

La politique d’assurance de FIRA est étroitement liée à son service de garantie. Lorsque les intermédiaires financiers utilisent ce service, ils doivent respecter des exigences spécifiques en matière d’assurance dans le cadre du processus de crédit.

Cela signifie que l’assurance n’est pas traitée comme un produit isolé. Elle devient une partie intégrante de la structure du crédit et soutient la protection de :

  • Le producteur
  • L’intermédiaire financier
  • L’opération de crédit
  • Le mécanisme de garantie

Les intermédiaires financiers doivent inclure la documentation d’assurance requise dans le dossier de crédit. FIRA peut ensuite vérifier, par le biais de processus de supervision, si les polices d’assurance sont alignées sur les risques minimaux définis dans la matrice.

Session de questions-réponses

  • Existe-t-il une offre d’assurance disponible pour tous les risques minimaux inclus dans la matrice ?

Oui. La matrice vise à relier les risques minimaux identifiés à la disponibilité réelle de produits d’assurance sur le marché. Par conséquent, les risques inclus dans la matrice disposent d’une couverture disponible, au moins parmi les assureurs et les acteurs participant au groupe de travail.

  • La matrice permet-elle également d’identifier les risques ou les chaînes pour lesquels il n’existe pas encore d’offre d’assurance disponible ?

Oui. L’un des objectifs du processus est d’identifier les éventuels écarts entre les besoins de couverture et l’offre existante sur le marché. Lorsque FIRA détecte une chaîne de production en croissance ou un besoin de couverture non satisfait, elle présente le cas au groupe de travail. S’il est confirmé qu’aucun produit d’assurance n’est disponible, il est attendu que les assureurs ou les fonds d’assurance participants puissent développer une solution spécifique pour répondre à ce besoin.

  • Les intermédiaires financiers utilisent-ils la matrice et celle-ci est-elle liée à l’intégration entre crédit et assurance ?

Oui. La matrice est liée à la politique d’assurance de FIRA et doit être respectée par les intermédiaires financiers dans les opérations de crédit bénéficiant d’un service de garantie. Dans ces cas, la matrice fonctionne comme un élément de référence pour intégrer l’assurance dans le processus de crédit.

  • Quel est le niveau de désagrégation des risques dans la matrice, notamment pour les activités d’élevage, de pêche ou d’aquaculture ?

La matrice présente les couvertures à un niveau général de risque, sans désagrégation supplémentaire par maladie spécifique, espèce, sous-zone géographique ou autre niveau plus détaillé. Toutefois, les produits d’assurance proposés par chaque compagnie d’assurance peuvent inclure des couvertures plus spécifiques selon leurs propres conditions et conceptions commerciales.

  • Le processus de mise à jour de la matrice inclut-il la participation directe des organisations de producteurs ou d’autres acteurs présents sur le territoire ?

Actuellement, la participation directe des organisations de producteurs ne fait pas partie du processus formel de mise à jour. Cependant, FIRA recueille les besoins régionaux par l’intermédiaire de ses bureaux territoriaux, qui maintiennent un contact direct avec les producteurs, les entreprises, les assureurs, les fournisseurs et d’autres acteurs locaux. Il a été reconnu qu’une implication plus directe des organisations de producteurs pourrait renforcer le processus à l’avenir.

  • Comment faut-il comprendre le concept de « dispense » dans le cadre de la politique d’assurance ?

La dispense désigne la possibilité de ne pas exiger la souscription d’une assurance agricole dans le cadre du crédit, à condition qu’il existe une justification technique et financière valable. Dans ces cas, l’emprunteur n’est pas tenu de présenter une police d’assurance dans le dossier de crédit, à condition de respecter les critères établis pour la dispense.

  • La méthodologie de dispense et la politique d’assurance ont-elles évolué progressivement ?

La politique d’assurance et la méthodologie de dispense sont des instruments récents, en vigueur depuis octobre 2024, et elles ont jusqu’à présent connu peu d’ajustements par rapport à leur conception initiale. Leur application a été progressive, en commençant par certaines chaînes agricoles, en particulier les fruits et légumes, puis en s’étendant à d’autres activités telles que la crevette ; à l’avenir, de nouvelles chaînes pourraient être intégrées si les besoins du secteur l’exigent.

  • Les défis liés à l’articulation avec les banques et à l’utilisation des garanties ont-ils également une dimension réglementaire ?

Oui. Bien que le groupe de travail compte la participation d’acteurs publics, d’assureurs et d’intermédiaires financiers, il n’inclut pas encore directement le régulateur du secteur de l’assurance. Il a été reconnu que plusieurs des défis soulevés par les intermédiaires financiers ont des implications réglementaires et pourraient bénéficier de la participation du régulateur, notamment pour traiter les aspects liés aux garanties, aux commissions, aux provisions et aux opérations d’assurance.

  • Qui définit la couverture minimale requise et comment devient-elle obligatoire dans les opérations de crédit ?

La couverture minimale est définie d’un commun accord au sein du groupe de travail, sur la base des risques minimaux qui doivent être inclus dans les polices d’assurance associées aux opérations de crédit de FIRA. Son caractère obligatoire est établi par la réglementation du service de garantie, qui exige des intermédiaires financiers qu’ils respectent la matrice et conservent la police d’assurance dans le dossier de crédit. Dans le cadre des processus de supervision, FIRA peut examiner ces dossiers et vérifier que les polices sont alignées sur la matrice ; en cas de non-conformité, l’absence d’assurance ou d’une justification valable pour ne pas l’appliquer peut constituer un motif de non-paiement, de rachat partiel ou de rachat total de la garantie.

  • Comment vérifie-t-on opérationnellement que les polices d’assurance respectent les risques minimaux établis dans la matrice ?

La vérification n’est pas effectuée avant l’octroi du crédit ou de la garantie, mais au moyen d’un processus de supervision ex post et par échantillonnage. La réglementation de FIRA établit que le dossier de crédit doit inclure la police d’assurance alignée sur la politique d’assurance. Par la suite, lors des processus de supervision, FIRA peut examiner les dossiers des intermédiaires financiers et identifier d’éventuelles incohérences dans les polices présentées.

  • Quels mécanismes FIRA a-t-elle développés pour promouvoir l’intégration entre crédit agricole, garantie et assurance ?

Le principal mécanisme identifié est le groupe de travail multidisciplinaire, qui réunit des acteurs liés au crédit, à la garantie, à l’assurance et à la politique publique agricole. Cet espace permet d’articuler les perspectives des intermédiaires financiers, des assureurs, des entités publiques et de FIRA, facilitant une vision plus globale de la gestion des risques et renforçant le lien entre l’octroi de crédit, l’appui des garanties et la souscription d’assurance.

  • FIRA a-t-elle démontré, au moyen de données, si la combinaison du crédit, de la garantie et de l’assurance modifie le profil de risque du crédit ou le taux d’intérêt pour le producteur ?

Comme indiqué lors de l’échange, il n’existe actuellement aucune différenciation du taux d’intérêt ni des conditions de crédit selon qu’une opération dispose ou non d’une assurance. En ce sens, aucune mesure spécifique n’a été identifiée montrant des changements dans le profil de risque du crédit ou dans le taux appliqué au producteur associés à l’intégration entre garantie et assurance.

  • Comment FIRA facilite-t-elle la conformité des intermédiaires financiers avec l’examen des polices et l’intégration entre crédit, garantie et assurance ?

FIRA ne procède pas à une prévalidation opération par opération, mais s’appuie sur la solidité des processus de crédit des intermédiaires financiers. Lorsqu’un intermédiaire est intégré pour opérer directement avec FIRA, son processus de crédit est examiné et analysé ; sur la base de cette évaluation et d’autres variables, son profil de risque est déterminé. Par conséquent, les obligations associées à l’utilisation des services de FIRA reposent sur la capacité de l’intermédiaire à appliquer correctement la réglementation dans son propre processus de crédit, lequel doit être suffisamment robuste pour intégrer la documentation et les exigences correspondantes.

Principaux enseignements

L’échange a montré que les matrices de risques peuvent jouer un rôle important dans le renforcement du financement agricole. Lorsqu’elles sont liées au crédit, aux garanties et à l’assurance, elles peuvent aider les institutions à évoluer vers des modèles de financement plus transparents, mieux informés par les risques et plus résilients.

L’expérience de FIRA a également souligné que l’efficacité de tels outils dépend de la collaboration. Une matrice est plus solide lorsqu’elle est construite et mise à jour au moyen d’un dialogue technique entre les institutions publiques, les intermédiaires financiers, les assureurs et les acteurs territoriaux.

Pour FINAGRO et d’autres banques publiques de développement, la session a fourni des enseignements pratiques sur la manière de concevoir, mettre à jour et opérationnaliser des matrices de risques de façon à soutenir une meilleure prise de décision, améliorer l’utilisation de l’assurance et renforcer la résilience dans les chaînes de valeur agricoles.

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