L’inclusion financière a considérablement progressé à l’échelle mondiale, portée en partie par l’essor rapide des services financiers numériques. Des disparités importantes subsistent toutefois. En 2024, 79 % des adultes dans le monde possédaient un compte auprès d’une institution financière formelle, contre 71 % chez les adultes vivant en milieu rural. On estime qu’environ 1,3 milliard d’adultes ne sont toujours pas bancarisés. La nouvelle note d’orientation, intitulée *Les banques publiques de développement, moteurs de l’inclusion financière en milieu rural*, examine les raisons de la persistance de ces écarts et la manière dont les banques publiques de développement (BPD) agricoles y répondent. L’analyse met en évidence un ensemble d’obstacles structurels qui pèsent sur les marchés financiers ruraux, notamment la perception d’un risque élevé et d’une faible rentabilité des prêts agricoles, les asymétries d’information, les coûts de transaction élevés, une connectivité et des compétences numériques limitées, ainsi que des interventions publiques susceptibles de fausser l’allocation du crédit. Parallèlement, la note montre comment les caractéristiques institutionnelles des BPD — telles que leur mandat public, leur capacité de financement à long terme, leur ancrage territorial et leur aptitude à combiner soutien financier et non financier — peuvent contribuer à lever ces contraintes. Elle met en avant divers instruments, comme le financement concessionnel et mixte, les garanties, l’assurance agricole, la finance numérique, les approches alternatives d’évaluation du crédit, l’assistance technique et le financement des chaînes de valeur. Des exemples concrets, présentés dans la publication, illustrent la façon dont des institutions au Brésil, en Colombie, au Bangladesh, au Kenya, en Inde, en Indonésie, au Guatemala, au Mexique, au Pérou et aux Philippines mettent en œuvre ces approches pour élargir l’accès au financement en milieu rural. La note d’orientation conclut en proposant cinq axes d’action : renforcer les fondements des écosystèmes financiers ruraux ; mobiliser davantage d’investissements grâce à des mécanismes de partage des risques ; développer le renforcement des capacités et les partenariats ; stimuler l’innovation institutionnelle et la capacité d’adaptation ; et consolider la gouvernance ainsi que l’efficacité opérationnelle. La publication intègre également les enseignements issus du groupe de travail sur l’inclusion financière en milieu rural de la plateforme « Agri-PDB » ; ce groupe facilite les échanges entre pairs au sein des BPD autour de solutions concrètes, telles que l’assurance agricole, les garanties de crédit, les technologies financières (fintech) et les outils de gestion des risques.