Atelier multipartite de FARM et de la Plateforme Agri-PDB: Financer l’adaptation de l’agriculture au changement climatique
Le 11 juin, la Fondation FARM a organisé, au siège du FIDA à Rome, un atelier multipartite en partenariat avec le FIDA et la Plateforme Agri-PDB. Cet atelier portait sur les moyens de mieux mobiliser et structurer les financements publics et privés en faveur de l’adaptation de l’agriculture méditerranéenne au changement climatique, tout en garantissant l’inclusion des petits producteurs et l’utilisation durable des ressources.
Atelier multipartite de FARM et de la Plateforme Agri-PDB
Financer l’adaptation de l’agriculture au changement climatique
11 juin 2026 | Rome, Italie
Réunissant des agriculteurs, des acteurs financiers ainsi que des représentants du monde universitaire et d’organisations internationales, trois groupes de travail ont examiné trois grandes questions : à l’échelle microéconomique, comment mieux orienter les instruments financiers existants vers l’adaptation de l’agriculture (I) ; aux échelles mésoéconomique et microéconomique, comment améliorer l’accès des agriculteurs au financement (II) ; et à l’échelle systémique et structurelle, comment favoriser les investissements à long terme afin d’accélérer la transformation des systèmes agricoles (III).

(I) Le dialogue a montré que des mécanismes financiers existent déjà, mais qu’ils restent fragmentés et sectoriels, principalement en raison du coût élevé de l’accès au financement et de l’insuffisance des garanties, difficultés encore aggravées par l’incertitude climatique.
Les participants ont appelé les acteurs publics et privés à donner la priorité à l’adaptation, à élaborer des produits financiers adaptés aux petits exploitants et à recourir au financement mixte ainsi qu’à des mécanismes contractuels afin de réduire les risques liés aux investissements et de renforcer la résilience dans l’ensemble des chaînes de valeur.
(II) Les discussions ont également souligné que le financement agricole dans la région méditerranéenne reste confronté à des contraintes structurelles, notamment l’érosion de l’expertise agricole au sein des organismes prêteurs, l’imprévisibilité croissante du climat, la portée limitée des services financiers dans les régions du Sud et des cadres réglementaires qui ne tiennent pas suffisamment compte des cycles agricoles.
Les participants ont appelé à une coopération plus étroite entre les assureurs et les banques afin de privilégier les assurances de « défense active » et le financement mixte, à la simplification des procédures financières et administratives, ainsi qu’à l’adoption, par les autorités réglementaires, de ratios prudentiels adaptés aux spécificités de l’agriculture.
(III) Les discussions ont également montré que l’accélération de la transformation des systèmes agricoles nécessite de renforcer les liens entre le financement, l’appui technique et l’action collective. Les mécanismes existants restent trop axés sur les investissements matériels, tandis que l’assistance technique demeure sous-utilisée. Les participants ont souligné la nécessité de disposer de meilleures données et connaissances, tant pour les agriculteurs que pour les institutions financières, ainsi que de cadres réglementaires mieux adaptés aux réalités agricoles. Les participants ont appelé à une coopération renforcée, à davantage d’innovation dans l’ensemble des chaînes de valeur, à des solutions financières combinant assurance et financement mixte, ainsi qu’à des politiques publiques ambitieuses pour soutenir l’action collective et une transformation durable.

Les sessions ont confirmé le rôle central des banques publiques de développement et de la Plateforme Agri-PDB dans la promotion de systèmes alimentaires inclusifs, résilients face au changement climatique et durables.
Les acteurs agricoles et financiers ont souligné que l’intégration des expertises agricole et financière est essentielle pour mieux évaluer les risques, concevoir des instruments financiers répondant aux besoins des agriculteurs et élaborer des réglementations tenant compte des dynamiques agricoles.
À cet égard :
- Les banques publiques de développement occupent une position unique pour absorber les risques financiers, aligner les financements sur les priorités des politiques publiques, mobiliser des capitaux privés supplémentaires et soutenir les transitions agricoles sur le long terme ;
- La Plateforme Agri-PDB joue un rôle déterminant dans le renforcement des capacités techniques des banques publiques de développement au moyen de formations, de webinaires et d’échanges entre pairs, favorisant ainsi un accès plus durable au financement et des systèmes alimentaires plus inclusifs et plus résilients.
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