Actualités Marchés du carbone à haute intégrité et financement agricole : renforcer les capacités, les connexions et l’action
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Marchés du carbone à haute intégrité et financement agricole : renforcer les capacités, les connexions et l’action

Marchés du carbone à haute intégrité & financement agricole : renforcer les capacités, les connexions et l’action

28 janvier 2025 | Rome, Italie

 

Ce webinaire a marqué le lancement d’une nouvelle série d’apprentissage consacrée aux marchés du carbone et à leur pertinence pour le financement agricole et les banques publiques de développement (BPD). Coorganisée dans le cadre de la plateforme Agri-PDB et du partenariat FAST (Food and Agriculture for Sustainable Transformation Partnership), un partenariat multipartite de financement climatique accueilli et facilité par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la session visait à établir une compréhension commune du fonctionnement des marchés du carbone, de l’importance de l’intégrité et de la qualité, et des modalités d’engagement pertinentes pour les BPD.

Les intervenants ont ouvert la session en présentant le contexte mondial. Les financements climatiques restent bien en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, tandis que les systèmes agroalimentaires représentent environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre et continuent d’être fortement sous-financés. Dans ce contexte, les marchés du carbone ont été présentés comme un outil complémentaire potentiel pour mobiliser des ressources supplémentaires en faveur de l’atténuation et de la résilience climatiques dans l’agriculture.

La session a ensuite présenté aux participants les fondamentaux des marchés du carbone, y compris les concepts clés et le paysage actuel. Les marchés du carbone ont été décrits comme des systèmes dans lesquels des réductions ou absorptions vérifiées d’émissions de gaz à effet de serre sont émises sous forme de crédits échangeables, un crédit carbone représentant une tonne de CO₂ équivalent (tCO₂e). Ces crédits servent à financer des activités favorables au climat. Deux principaux types de marchés ont été distingués : les marchés volontaires du carbone (VCMs) et les marchés réglementés. Une attention particulière a été accordée au rôle de l’agriculture, en soulignant à la fois son important potentiel d’atténuation et le fait que les projets agricoles ne représentent encore qu’une faible part de l’activité actuelle des marchés du carbone.

Un segment dédié a porté sur le cadre réglementaire international, avec une explication claire de l’Article 6 de l’Accord de Paris. Les intervenants ont expliqué comment l’Article 6.2 permet des approches coopératives et des échanges bilatéraux de résultats d’atténuation, tandis que l’Article 6.4 établit un mécanisme de crédit supervisé par l’ONU. L’Article 6.8 se concentre sur les approches non marchandes de coopération internationale. Le lien étroit entre ces mécanismes et les contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays a été souligné, ainsi que la nécessité de cadres institutionnels solides, de politiques habilitantes et de systèmes robustes de suivi, notification et vérification (MRV).

Les dynamiques d’offre et de demande ont également été abordées. Du côté de l’offre, on retrouve les mécanismes internationaux de crédit, les dispositifs de crédit pilotés par les gouvernements et les normes indépendantes, tandis que la demande est tirée par les exigences nationales de conformité, les mécanismes internationaux de conformité, l’atteinte des CDN et la demande volontaire des entreprises.

L’intégrité et la qualité ont émergé comme des thèmes centraux tout au long de la discussion. Parmi les éléments clés mis en avant figuraient un impact climatique réel, des systèmes MRV robustes et une transparence accrue, la permanence et les risques de réversibilité, l’évitement du double comptage, ainsi que des garanties sociales et des mécanismes de partage des bénéfices. Des initiatives récentes visant à renforcer l’intégrité du marché ont été présentées, notamment les Core Carbon Principles de l’ICVCM et les codes de bonnes pratiques du VCMI, conçus pour renforcer la confiance à la fois du côté de l’offre et de la demande. Les tendances de marché ont également été examinées, en notant la volatilité récente des marchés volontaires du carbone et l’accent croissant mis sur des crédits de haute qualité et à haute intégrité.

Le rôle des banques publiques de développement a été discuté en profondeur. Les BPD ont été positionnées comme des « facilitateurs systémiques » pouvant contribuer à rendre les projets carbone agricoles plus bancables, plus évolutifs et plus crédibles, notamment en réduisant les risques à la fois du côté du développement des projets et du côté des acheteurs, investisseurs ou financeurs.

Les sondages en direct ont montré que les participants considèrent la réduction des risques des projets carbone et la mobilisation de financements comme les opportunités les plus immédiates pour l’engagement des BPD. Dans le même temps, les participants ont identifié des contraintes majeures, notamment des capacités techniques limitées, une incertitude réglementaire et l’absence de structures de financement bancables.

Les intervenants ont mis en avant plusieurs rôles pertinents pour les BPD dans les marchés du carbone. Il s’agit notamment de fournir une orientation stratégique alignée sur les stratégies climatiques nationales et les CDN ; d’offrir une assistance technique et un appui à la préparation (readiness), par exemple le renforcement des capacités MRV et la préparation de projets ; de soutenir la conception du marché et l’intégrité via des méthodologies claires, des garanties et une gestion des risques ; de réduire les risques des projets et de mobiliser des financements privés au moyen d’instruments financiers connus ; et de faciliter le partage de connaissances afin de renforcer les capacités internes et d’appuyer la prise de décision des clients.

 

Principaux enseignements et recommandations

Vers la fin de la session, le panel a souligné les conditions habilitantes pour l’engagement des BPD dans les marchés du carbone et a partagé trois recommandations clés.

Q&R

La session de questions-réponses a été dynamique et très pratique, contribuant à définir les priorités pour les prochains webinaires et reflétant un fort intérêt des participants issus de différentes régions et institutions.

  • La Banque Agricole (Senegal) a demandé si des exemples concrets de projets de crédits carbone agricoles, notamment en Afrique, pouvaient être partagés. Les intervenants ont confirmé l’existence de tels projets et ont indiqué que des exemples spécifiques à certaines régions seraient examinés plus en détail lors de la prochaine session.
  • Inter-American Institute for Cooperation on Agriculture (Costa Rica) a soulevé des questions sur les retours financiers, notamment le potentiel retour sur investissement pour les BPD et la manière dont la valeur est répartie tout au long de la chaîne de valeur du carbone, en particulier pour les agriculteurs et les éleveurs. Les intervenants ont noté que les résultats varient fortement selon la conception des projets, mais ont souligné que l’intégrité, la qualité et les mécanismes de partage des bénéfices sont essentiels pour garantir de réels bénéfices économiques et climatiques.
  • Fund for the Financing of the Agricultural Sector (Colombia) a demandé si les marchés du carbone peuvent soutenir des projets produisant des résultats d’atténuation à long terme, tels que les systèmes sylvopastoraux où la séquestration ne devient visible qu’après plusieurs années. Les intervenants ont expliqué que des instruments tels que les accords de pré-achat et les contrats d’achat (offtake) existent déjà, et que la conception contractuelle, les garanties et la gestion des risques sont essentielles. Cela a été présenté comme un domaine où les BPD peuvent jouer un rôle important de réduction des risques.
  • Agricultural Finance Corporation (Kenya) a demandé par où les BPD intermédiaires devraient commencer pour s’engager dans les marchés du carbone. La réponse a souligné l’importance de clarifier si l’engagement se fait via les marchés volontaires ou les mécanismes de l’Article 6, de conduire des évaluations initiales, et de positionner les BPD tôt dans l’origination des projets, leur conception et la coordination des parties prenantes.
  • Productive Development Bank (Bolivia) a soulevé des questions sur la manière dont les mécanismes carbone traitent les risques financiers, sociaux et de mise en œuvre, en particulier pour les peuples autochtones, et sur la façon dont les mécanismes de partage des bénéfices garantissent transparence et équité. Les intervenants ont noté que de nouvelles méthodologies et garanties émergent et que ce sujet sera approfondi avec des exemples concrets de projets.

 

Prochaines étapes

La session s’est conclue par la confirmation d’un webinaire de suivi prévu en avril. Cette prochaine session passera des cadres mondiaux à des discussions plus opérationnelles au niveau des projets, y compris des exemples concrets, des structures de financement et des points d’entrée pratiques pour les BPD dans les marchés du carbone agricoles.

 

Pour accéder aux diapositives et à l’enregistrement, veuillez cliquer ici:

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Contacts:

  • Ivano Assenza (Ivano.assenza@fao.org)
  • Elena Marchetti (Elena.marchetti@fao.org)
  • FAST-PARTNERSHIP@FAO.ORG

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