Vers une coordination renforcée du financement climatique et agroalimentaire : dialogue collaboratif entre la Plateforme Agri-PDB, le Partenariat FAST et les BPD/IFD du G7
Vers une coordination renforcée du financement climatique et agroalimentaire : dialogue collaboratif entre la Plateforme Agri-PDB, FAST et les BPD/IFD du G7
23 mars 2026 | Rome, Italie
Le 23 mars 2026, la Plateforme Agri-PDB, le partenariat FAST et la collaboration des BPD/IFD du G7 sur les systèmes alimentaires durables se sont réunis au siège de la FAO à Rome pour un dialogue informel sur les moyens de développer les investissements agroalimentaires intelligents face au climat. Animée par l’ECDPM, la réunion a rassemblé environ 25 participants — en présentiel et en ligne — issus d’agences des Nations Unies, d’institutions de financement du développement multilatérales et bilatérales, de banques publiques nationales de développement (BPD), de banques commerciales, d’entreprises agroalimentaires, d’organisations de producteurs et d’organisations coopératives d’épargne et de crédit (SACCOs). Les échanges se sont appuyés sur un constat simple mais urgent : les systèmes agroalimentaires ne reçoivent encore qu’une faible part du financement climatique mondial, alors même qu’ils jouent un rôle central dans l’atténuation, l’adaptation, la biodiversité et la sécurité alimentaire.
Structuré autour de trois axes — les complémentarités stratégiques entre les initiatives, des concepts pilotes concrets dans des géographies prioritaires, et les prochaines étapes opérationnelles — le dialogue a mis en évidence un défi structurel clair. Les engagements de financement climatique au niveau macro ne se traduisent pas encore suffisamment en réalités concrètes au niveau local. Combler cet écart suppose de rapprocher les instruments tels que les garanties, le financement mixte et les capitaux concessionnels du point de mise en œuvre. Les participants du secteur privé ont souligné l’existence d’un « chaînon manquant », où les entreprises agroalimentaires jouent de fait le rôle de financeurs pour les petits exploitants, et ont appelé les banques commerciales et les BPD à s’intéresser aux outils alternatifs de notation de crédit, développés localement, qui sont déjà utilisés sur le terrain.
Les participants se sont accordés sur un principe essentiel : les agriculteurs, les coopératives, les SACCOs et les BPD nationales doivent être considérés non seulement comme des bénéficiaires, mais aussi comme des co-concepteurs des instruments financiers et comme des intermédiaires actifs, capables de déployer les investissements jusqu’au dernier kilomètre. Cette approche est indispensable pour surmonter les contraintes liées aux garanties, réduire le coût du crédit pour les petits exploitants et faire en sorte que les produits financiers soient réellement bancables et appropriés localement.
Plusieurs priorités communes se sont dégagées de la discussion. Il s’agit notamment d’examiner l’alignement des priorités d’investissement dans deux à trois géographies où les trois initiatives sont déjà actives ; d’approfondir la coordination entre les institutions financières internationales, les BPD nationales, les fonds climatiques verticaux et les investisseurs privés ; de structurer les échanges autour d’outils financiers tels que les lignes de crédit, les garanties, le financement mixte et l’assistance technique ; et de veiller à ce que les organisations de producteurs et les acteurs locaux soient pleinement associés, afin que les concepts d’investissement restent guidés par la demande et prêts à être mis en œuvre. La collaboration devrait commencer par des étapes fondatrices — partage d’informations, échanges de connaissances et coordination légère — tout en laissant la possibilité d’évoluer progressivement vers des travaux conjoints plus ambitieux, chaque initiative continuant à se concentrer sur son mandat principal.
Afin de maintenir cette dynamique, les participants ont identifié plusieurs prochaines échéances comme autant de points d’entrée naturels pour poursuivre l’engagement. CDP a signalé le D20-LTIC Strategic Corridors Dialogue, lancé en avril lors des Réunions de printemps 2026 de la Banque mondiale et du FMI, avec le corridor de Lobito comme premier axe de travail, comme une plateforme concrète de collaboration sur les chaînes de valeur agroalimentaires. La réunion annuelle du partenariat FAST, qui se tiendra du 16 au 18 septembre 2026, accueillera une session de travail dédiée afin d’approfondir l’élaboration de propositions conjointes, avec l’objectif de les présenter peu après lors du Forum mondial de l’alimentation en octobre. Equity Bank a également proposé d’accueillir un atelier de co-création afin de tester un programme couvrant l’ensemble d’une chaîne de valeur — de la production de blé à la minoterie et à la transformation — en combinant subventions, capital catalytique et garanties de première perte pour permettre l’octroi de prêts à des emprunteurs primo-accédants et sans garanties.
Pris dans leur ensemble, ces échanges ont marqué une étape importante vers une architecture plus intégrée du financement climatique et agroalimentaire. En s’appuyant sur les forces complémentaires des trois initiatives — le travail de renforcement des capacités en amont mené par la Plateforme Agri-PDB auprès des BPD nationales, le rôle de mobilisation multipartite du partenariat FAST, et la coordination des grandes IFD assurée par la collaboration du G7 — il existe une réelle marge de manœuvre pour renforcer l’action des BPD en tant que système et canaliser davantage de financements, de meilleure qualité, vers les systèmes alimentaires et les agriculteurs dont dépend la transition climatique.
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